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Open Access

Le mouvement en faveur du libre accès à l’information scientifique n’est pas récent. Il s’est développé parallèlement au World Wide Web depuis le début des années 1990 et on date généralement la conceptualisation et l’expression de ses principes fondateurs à la Déclaration de Budapest (Budapest Open Access Initative, 2002), complétée par celles de Bethesda (2003) et de Berlin (2003).

Dans ce qui suit, nous entendrons le libre accès comme la mise à disposition gratuite sur internet, sans barrières financière ou technique, des articles universitaires issus de la recherche publique, validés par des pairs. Les usagers sont parfois autorisés à les réutiliser à toute fin légale sans barrière juridique grâce notamment à des licences Creative Commons. Dans le premier cas, on parle de « gratis Open Access », dans le second de « libre Open Access » (Peter Suber, Open Access, MIT Press, 2012, p. 65–75).

Ces derniers mois, le libre accès s’est cependant imposé dans les débats académiques et économiques avec une vigueur inédite :

- le 17 juillet 2012, la Commission européenne recommandait en effet aux États-membres que les résultats de la recherche financée par des fonds publics, « soient librement accessibles dans les meilleurs délais, de préférence immédiatement et, dans tous les cas, au plus tard six mois après leur date de publication, et au plus tard douze mois pour les publications dans les domaines des sciences sociales et humaines ». À partir de 2014, les résultats des programmes de recherche financés par Horizon2020 devront être disponibles en libre accès ;

- au même moment, paraissaient les conclusions de la commission dite « Finch », depuis interprétées par RCUK (Research Councils UK) et HEFCE (Higher Education Fundings Council for England), ce dernier préconisant que lors des campagnes d’évaluation postérieures à 2014 (Research Excellence Framework), ne soient retenus que les articles en libre accès. Les monographies de recherche sont exclues du rapport Finch, mais de nombreuses initiatives se développent en la matière par OAPEN, OpenBook Publishers, OpenEdition Books

- en France, lors des Journées Couperin des 24 et 25 janvier 2013, la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, a clairement exprimé la volonté des pouvoirs publics d’encourager le libre accès, en promouvant la diversité par un soutien indifférencié aux différentes voies.

Ces différentes voies sont :

- la voie dite « dorée » (gold), à savoir la publication dans des revues à comité de lecture en accès ouvert immédiat. Ces revues sont répertoriées dans le Directory of Open Access Journals (DOAJ).
La voie dorée est souvent assimilée, à tort, au seul modèle « auteur-payeur » dans lequel l’éditeur réclame, en amont, des frais de publication (Article Processing Charges) aux auteurs ou à leurs institutions, la consultation étant alors gratuite pour les lecteurs. Il existe cependant d’autres modèles : subventions publiques, mécénat, souscription, modèle Freemium (également dit voie « platine », qui combine l’accès immédiat au contenu des travaux avec la vente de services à forte valeur ajoutée)…

- la voie dite « verte » (green), à savoir l’auto-archivage des publications par les auteurs eux-mêmes dans des archives centrales (en France, HAL, géré par le Centre pour La Communication Scientifique Directe), institutionnelles, ou thématiques. Les auteurs peuvent vérifier la politique des revues en matière d’auto-archivage sur le site RoMEO du SHERPA (pour les revues britanniques) et la plateforme d’information Héloïse (pour les revues françaises). Les dépôts d’archives peuvent être consultés via OpenDOAR.
Après des mois de flottement en Angleterre, le rapport Finch ayant à l’origine recommandé la seule voie dorée « auteur-payeur », RCUK et HEFCE sont à présent disposés à encourager les deux voies et certaines universités se prononcent clairement en faveur de la voie verte.

Si de nombreux chercheurs, éditeurs, et partenaires institutionnels se déclarent aujourd’hui favorables au développement du libre accès et multiplient les déclarations d’intentions, en se référant à une conception du savoir comme bien commun, les modalités de ce développement, son rythme, le degré d’implication, voire de coercition, des instances de tutelle internationales, nationales et locales, continuent de faire débat et de susciter des inquiétudes, notamment parmi le Syndicat National des Auteurs et des Compositeurs. Selon certains acteurs, l’actuel engouement pourrait fragiliser l’écosystème des politiques de financement de la recherche publique en général, et de financement des revues en particulier, et accélérer exagérément le processus de transition. On assiste donc à l’émergence de plusieurs paradigmes :

a) le 11 février 2013, CAIRN organisait une journée en présence des représentants des pouvoirs publics et du monde de l’édition et proposait dans son sillage un communiqué, soutenu par une centaine de revues partenaires, appelant à la prudence. CAIRN met notamment en garde contre tout projet qui viserait à imposer la diffusion des articles en accès libre immédiat, ou après un délai jugé inadapté aux revues du secteur ALLSH (Arts, Lettres, Langues et Sciences Humaines), afin de préserver les abonnements permettant de faire face aux coûts d’une édition de qualité ;

b) c’est le modèle dont tendent globalement à s’inspirer les sociétés savantes ALLSH britanniques (qui ont participé le 1er mars dernier à Londres, à un colloque sous l’égide de l’Institute of Historical Research et la Royal Historical Society et depuis publié un blog d’information), ainsi que la British Academy, dans leurs réponses publiques aux enquêtes nationales lancées par RCUK et HEFCE. Ces sociétés rejettent le modèle « auteur-payeur » et réclament la parité entre les voies dorée et verte, avec toutefois un embargo de 36 mois minimum pour cette dernière, seul délai jugé capable de garantir la pérennité des revues et, au-delà, le fonctionnement même des sociétés. Elles s’inquiètent en outre des différentes versions des articles susceptibles de coexister dans les archives ouvertes et réclament un certain nombre d’exceptions au mandat (dont la possibilité de publier dans des revues internationales qui n’y seraient pas conformes). Vingt d’entre elles ont signé une déclaration commune dans ce sens.

c) à l’inverse, paraissait le 15 mars dans le journal Le Monde, une tribune intitulée « Qui a peur de l’Open Access ? » mettant l’accent, d’une part, sur la nécessité d’un accès le plus direct et le plus rapide possible aux résultats des travaux et, d’autre part, sur le rôle des Humanités en tant que porteuses de ce projet novateur. Signée par des institutions et des individus, spécialistes du monde de l’édition et de la communication, enseignants-chercheurs, bibliothécaires, mais également présidents et vice-présidents d’universités artisans des politiques sur le libre accès de leurs établissements, la tribune est aujourd’hui au cœur d’un site qui répond de façon directe aux présupposés concernant le libre accès.

Le avocats des différents paradigmes se sont enfin retrouvés lors d’un forum à l’initiative d’OpenEdition, le 26 mars dernier, à l’Institut de Géographie (Paris).

Les enjeux pour la SAES et les anglicistes sont nombreux :

- la diffusion et la visibilité de nos travaux à l’international ;
- l’accès aux revues, la SAES ayant souvent déploré le coût prohibitif des abonnements et l’inégalité sur le territoire ;
- la transition des revues anglicistes qui le souhaitent vers l’accès ouvert et les conséquences pour les politiques éditoriales des sociétés savantes affiliées ;
- la prise des compte des mandats européen, et plus spécifiquement britannique, dans le modèle éditorial français, afin d’encourager la présence des chercheurs britanniques dans les publications ;
- le rôle que les sociétés savantes doivent jouer dans le débat sur le libre accès, etc.

Le Bureau a donc sollicité le directeur adjoint du Centre pour l’Édition Électronique Ouverte, Pierre Mounier, pour venir présenter les grands enjeux du libre accès mais aussi débattre avec les rédacteurs de revues anglicistes qui seront présents lors de l’Assemblée Générale de Dijon (18 mai 2013). Tous les membres de la SAES sont cordialement invités à venir l’écouter.

Pierre Mounier (EHESS), Ancien Élève de l’École Normale Supérieure, classiciste de formation, est directeur adjoint du Cléo. Il est notamment le fondateur du portail Homo Numericus et rédige, avec Marin Dacos, Blogo Numericus.
Ses publications comprennent : Les Enragés de la République (avec Hugues Jallon, La Découverte, 1999), Pierre Bourdieu. Une Introduction (Agora, 2001), Les Maîtres du Réseau. Les enjeux politiques d’internet (La Découverte, 2002), L’Édition électronique (avec Marin Dacos, La Découverte, 2010) et Read/Write Book 2. Une Introduction aux humanités numériques (OpenEdition Press, 2012).
On peut écouter des extraits de sa récente intervention aux 4e Journées du Réseau Médici consacrées aux modalités de diffusion de l’édition scientifique sur l’Édition électronique ouverte, le blog d’OpenEdition.










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